Depuis quelques jours, la nuit s'pointe à l'avance, comme avide d'existence.
Elle s'immisce, s'incruste comme un poids, un pression écrasante.
Tu n'es pas là, C.
Tu n'es pas là, et ce vide m'dévore crue, comme au premier jour.
Il y a trois ans, tes bras m'parlaient, tes mots m'rattrapaient & vivre s'résumait à ça, mieux qu'jamais.
La nuit s'écrasait sur nous comme une protection de tout.
Ton corps tout entier faisait jeu avec le mien & rien n'pouvait s'y confondre.
Cet espoir là n'se détruit pas, au contraire, il s'affirme chaque hiver quand la noirceur s'amène, de plomb.
Tu n'es pas là, C. et si le manque est un euphémisme, c'est que les mots sont morts aujourd'hui.
C'est épuisant, mielleux, gerbant, cet amour crevé d'affiché, comme ça, sans répit.
Détestable & épuisant.